Le Mora Bushcraft Triflex

Date de publication initiale : 17 octobre 2016 par la Chouette bavarde.

Illustration Mora Bushcraft Triflex

Spécifications :

Longueur totale : 229 mm
Longueur de la lame : 104 mm
Épaisseur de la lame : 2,5 mm
Masse (étui compris) : 138 g
Acier : au carbone

Données Retex :

Mode d’acquisition : Achat
Date d’acquisition : Mai 2011
Durée d’utilisation au jour de la rédaction : 5 ans et 5 mois
Fourchette de prix : 20 à 30 € TTC

Version courte pour les faucons pressés.

Version longue pour les chouettes sereines.


 

 

Version courte :

Un couteau scandinave au tranchant qui dure longtemps, très longtemps. Il est léger, maniable et très polyvalent. La finesse de sa lame et sa courte soie impliquent cependant qu’on lui épargne les tâches les plus brutales comme le bâtonnage de grosses bûches. C’est un couteau particulièrement adapté au travail du bois. Seule ombre au tableau, il est devenu difficile à trouver même chez Amazon.


 

 

Version longue :

Le Mora Bushcraft Triflex a été mon tout premier Mora. Et il ne m’a pas déçu ! Bien qu’aujourd’hui il ne soit pas le plus polyvalent ni le plus performant de chez Mora, j’aurai toujours un certain attachement à ce modèle.

Pas seulement pour des raisons “sentimentales” mais parce que son acier Triflex le rend unique. Cet acier permet au couteau d’avoir une dureté Rockwell très élevée au niveau du tranchant (59-60) sans pour autant rendre la lame cassante, grâce à une trempe sélective. Ainsi plus on s’éloigne du tranchant vers le dos de la lame, plus la dureté baisse. Cela donne un produit bien équilibré dont le tranchant dure longtemps et qui a une bonne solidité.

Et concrètement ça donne quoi ? J’ai le Mora Bushcraft Triflex depuis mai 2011 et c’est le couteau dont je me suis le plus servi. Il en a vu des vertes et des pas mûres et il m’a permis de réaliser la plupart de mes ustensiles en bois :

Spatule
De mon tout premier objet bushcraft taillé dans une bûche de bouleau : une spatule…

Kuksa
… à cette kuksa

Ustensiles_bois
…en passant par divers ustensiles qui me rendent bien service dans ma cuisine…

Cuisine bushcraft
… ou en sortie.

Bref comme vous pouvez le constater, ce couteau a bien travaillé et m’a bien rendu service. C’est également avec le Triflex que j’ai appris à aiguiser. Il porte donc les traces de mon inexpérience d’alors (plusieurs rayures bien profondes). A propos d’aiguisage -et c’est là le point fort du Triflex- savez-vous quel est l’intervalle entre deux passages sur la pierre ? Près d’un an et demi ! En effet alors que c’est le couteau dont je me sers le plus, son tranchant est très durable et c’est donc celui que je dois affûter le moins souvent. Bien sûr durant cet intervalle, j’ai bien pris soin d’affiler régulièrement la lame sur un cuir. C’est là l’effet de l’acier Triflex et surtout du traitement thermique sélectif.

Bon comme il y a un point fort, vous vous dites qu’il y doit y avoir un point faible. En effet ce couteau a une caractéristique qui ne le rend pas très à l’aise pour certaines tâches de force comme le bâtonnage ou la coupe à la volée : c’est la longueur de sa soie dans le manche :

soie manche couteau
Cette photo n’est pas de moi. Je l’avais récupérée en 2011 quand je faisais mes recherches en vue de l’achat de mon premier Mora. L’auteur était allé jusqu’à couper les manches de ses couteaux pour révéler la taille de leurs soies (merci à lui).

Au niveau physique, il est incontestable qu’une soie courte (comme celle du Bushcraft Triflex) donnera toujours un couteau moins solide qu’une soie plus longue ou traversante. Mais la plupart des couteaux Mora sont bien conçus. Le plastique noir dans lequel la lame s’emmanche est très dur et solide. Il n’y a pas de crainte à avoir si on reste raisonnable dans l’utilisation du couteau. Par exemple cet outil n’est pas fait pour bâtonner une bûche de hêtre (même sans nœud), mais bâtonner des rondins de bois tendre (pin, bouleau) d’un diamètre de 6 à 7 cm et sans gros nœuds ne pose aucun problème.

Voilà, maintenant j’espère ne pas vous décevoir dans les lignes qui suivent. En effet après vous avoir présenté les mérites de ce couteau et sa durabilité dans le temps, vous avez peut-être envie de vous en procurer un. Alors faites vite, car il n’est plus listé sur le site du fabricant. Amazon est en rupture de stock de ce modèle ainsi que d’autre gros sites. Il reste quelques modèles sur Ebay (mais vérifiez bien le sérieux du marchand).

Si vous n’arrivez pas à vous en procurer un, pas d’inquiétude, la gamme Mora est vaste et on peut trouver des équivalents acceptables à ce couteau dans ce qui est commercialisé actuellement. Je vous recommande par exemple le Mora Companion MG en acier au carbone. Sa soie est plus longue que celle du Bushcraft Triflex (donc il est plus solide) et son tranchant dure raisonnablement longtemps.

Comme vous pouvez le constater, ce couteau m’a beaucoup rendu service depuis presque six ans et j’ai donc beaucoup de recul sur ses capacités. Dans le cadre de Retex.org (retex = retour d’expérience), il était inenvisageable de ne pas vous en parler.

Personnellement je me suis prémuni contre un éventuel arrêt de production en achetant deux autres Triflex, environ un an après l’achat initial :

stock triflex
Oui j’assume, c’est du knife porn (pornographie coutelière), mais pas seulement…

En effet, je trouve que notre monde est très (trop ?) dynamique. Quand vous avez trouvé un bien de ce type, correspondant parfaitement à vos besoins, il est de plus en plus fréquent qu’il ne soit plus disponible au moment où il vous faut le remplacer (perdu, usé, cassé, volé, emprunté par Homer Simpson…). Personnellement, je trouve qu’il est de plus en plus rare de trouver des biens satisfaisants et adéquats. Donc quand j’en trouve un, je n’hésite pas à faire un petit stock raisonnable (il ne s’agit pas non plus d’acheter 200 articles identiques) afin que ce bien si utile et satisfaisant ne me manque plus jamais. Je vous recommande de faire de même…

Voilà, c’est fini. J’espère que cet article vous a plu et qu’il vous a été utile. Allez une dernière photo, juste pour le plaisir :

Couteaux sur l'herbe
Suédois sur l’herbe.